Appréhender le confinement – Les conseils de Serge Sommer, Psychanalyste

En cette situation compliquée, comment surmonter les peurs, l’absence de contacts, la mise en quarantaine et la vie entre quatre murs ? Serge Sommer, Psychanalyste, nous offre son point de vue et nous donne les clés pour appréhender la période.

Le confinement est une situation nouvelle pour tous. Il est maintenant compris et s’installe dans les actes et dans les esprits. Le Covid-19 est une pandémie mondiale qui nous concerne tous de près ou de loin. Potentiellement, cette expérience est traumatisante. Pourtant dans l’histoire certaine personnes ont déjà vécu des moments d’isolement intenses et sont ressorties plus armées. Les mots sonnent forts, ils sont anxiogènes et résonnent : on parle de guerre, de cellule de crise, de taux de mortalité dont on nous montre les graphes tous les jours… Comment surmonter les peurs ? L’absence de contacts, la mise en quarantaine et la vie entre quatre murs passent par des phases psychologiques. 

Serge Sommer, Psychanalyste, nous offre son point de vue et nous donne les clés pour appréhender la période.

Le confinement est vécu différemment selon les personnes et leur situation. Comment peut-on l’expliquer ?

Nous sommes tous différents et l’approche de ce confinement est inhérent à chacun. D’abord, il ne faut pas comparer ceux qui ont la chance d’être à la campagne ou dans un grand appartement avec ceux qui vivent à plusieurs dans peu de mètres carrés ! Ceux qui ont la chance d’avoir beaucoup de lumière à l’intérieur et ceux qui n’en ont pas ! Ceux qui s’entendent bien entre eux et ceux qui vivent déjà une situation conflictuelle !
Ensuite, il y a notre approche personnelle avec l’ennui et la solitude. Pour certains, c’est une opportunité d’introspection, de bilan, c’est positif ; pour d’autres, c’est anxiogène. Si nous avons l’habitude d’être toujours occupés, sollicités, speedés, il sera plus difficile de vivre ce confinement. A l’inverse, si l’on a pour coutume de laisser de l’espace dans nos journées, de les ponctuer, de les rythmer en présence à soi et non en dépendance aux autres ou à l’environnement, le confinement sera plus acceptable. N’oublions pas que de toutes les espèces, l’humain est celle qui a la plus grande capacité à s’adapter depuis la préhistoire ! Confucius disait : « Ce qui est douloureux, ce n’est pas le changement, mais la résistance au changement… ».

Quelles sont les différentes phases que nous risquons de connaitre ?

On peut s’attendre, pour une majorité d’entre nous, à ressentir les différentes étapes du deuil.

  • Le deuil par rapport à de ce que nous avons connu comme schéma sociétal, d’une forme de liberté.
  • Le déni, c’est le refus de la réalité. C’est le cas des personnes qui sortent encore en bravant le confinement imposé.
  • La colère, avec un sentiment de révolte qui monte en essayant de trouver des boucs émissaires. La dépression, l’ennui et l’anxiété qui vont avec, qui peuvent se manifester par une compensation dans le grignotage, les addictions, l’alcool, la cigarette…
  • L’acceptation qui mène à l’adaptation, et par conséquent la créativité.

Un évènement dont on ne connait pas l’issue est-il forcément anxiogène ?

Oui bien souvent, car nous avons peur de l’inconnu. Nous avons peur de perdre le contrôle. Et pourtant, notre intelligence, notre créativité, notre sens de l’improvisation nous permettent de redessiner le présent, de nous réinventer, nous rencontrer et mieux nous connaître…

Comment une personne déjà concernée par des soucis (financiers, de maladie, d’emploi…) peut-elle se projeter dans un avenir meilleur alors que sa situation est rendue encore plus incertaine avec le Coronavirus ?

C’est pour eux une situation encore plus difficile, à l’instar des femmes battues ou des enfants violés. En ce qui concerne les soucis d’emploi, financiers, c’est l’occasion de redéfinir nos priorités, nos aspirations, nos rêves et nos désirs. Savoir que nous sommes beaucoup dans le même bateau rend les choses un peu plus supportables, car nous pouvons ressentir la solidarité et la fédération humaine. Notre société sera sans doute transformée culturellement et sociétalement, en tout cas cela reste peut-être à espérer. Nous allons réévaluer nos besoins et sans doute que les valeurs du couple, de la famille, celles qui faisaient le bonheur de nos anciens, vont reprendre de l’importance.

Quels conseils donneriez-vous ?

Gardez confiance, entretenez votre corps avec quelques exercices afin de vous sentir ancrés, incarnés. Prenez un temps pour méditer, réfléchir à vous, à vos rêves, à vos valeurs profondes, à ce que vous espérez, à ce que vous voulez transformer dans votre vie et dans vos relations une fois que nous serons sortis de cette épidémie.
C’est un temps d’introspection qui sera fécond. Communiquez, parlez de vos difficultés, de vos angoisses, de vos peurs, verbalisez votre amour pour vos proches, pour vos amis.

Prenez soin de vous et de votre cœur, l’immunité commence par là ! Nous savons aujourd’hui qu’entretenir l’anxiété, la colère, la peur, la rancune, ne fait qu’affaiblir notre système immunitaire. Nous ressortirons plus forts de cette épreuve.

Serge Sommer est psychanalyste à Livron sur Drôme et Membre de la Fédération de Psychanalyse Contemporaine. Il anime tous les matins sur France Bleu Drôme-Ardèche une chronique « Mon psy et moi » avec Valérie Rollmann. Tous les sujets sont abordés et chacun s’y retrouve. C’est une bonnes occasion pour réfléchir sur soi et de partager des sujets inspirants.

Serge est également l’auteur de trois livres et aussi d’un livre CD avec 12 titres de chansons.

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