S’ennuyer, c’est bon pour la santé

L'ennui est un sentiment désagréable, une émotion que l’on perçoit négativement. Et pourtant, il est nécessaire de s’ennuyer parfois pour préserver notre santé mentale et notre moral.

femme qui s'ennuie

N’avez-vous jamais ressenti ce vide à l’intérieur, cette sorte d’apathie qui vous confine en vous-même, incapable d’agir ? Cela nous arrive en général après avoir effectué des tâches rébarbatives, vides de sens. C’est l’ennui. Un sentiment désagréable, une émotion que l’on perçoit négativement. Et pourtant, il est nécessaire de s’ennuyer parfois pour préserver notre santé mentale et notre moral.

Pourquoi toujours vouloir éviter l’ennui ?

Ennui : une tentative de définition

Le Larousse de la langue française définit l’ennui ainsi : « Lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produite par le désœuvrement, le manque d’intérêt, la monotonie ». Ça n’est pas très positif. Quelques synonymes pour enfoncer le clou ? Abattement, cafard, lassitude, désœuvrement.

Blaise Pascal, lui, dans les Pensées, écrivait ceci : « Ennui. Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passion, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. »

En somme, il est perçu comme une émotion négative, voire nocive, et même proche de la dépression. L’ennui est anxiogène. L’ennui fait peur.

Et si nous regardions plutôt cet état involontaire comme un signal ? Il s’agirait alors d’admettre qu’il est dû à la routine, à un manque de motivation ou de concentration, à la fatigue. Il s’agirait surtout d’admettre que cet état est, la plupart du temps, transitoire. 

Tout sauf s’ennuyer !

Nous venons de le dire, l’ennui véhicule une image négative. Nous vivons au sein d’une société pour laquelle tout ce que l’on fait doit « faire sens » pour « faire valeur ». Et où agir est un impératif permanent. Alors nous serions prêtes à tout pour combler ce moment désagréable. D’ailleurs l’époque nous offre, dans ce but, une infinité de loisirs et de divertissements en tous genres.

Il n’y a qu’à regarder comme nous nous pressons dans les files d’attente ou dégainons notre téléphone pour occuper chaque petite seconde de creux, pour comprendre l’importance de la lutte. Nous n’avons pas de patience parce que nous n’aimons pas les temps morts. Ceci est culturel.

Cette lutte contre le désœuvrement naît de l’obligation d’être sans cesse plus productives et plus réactives. Et aussi de la nécessité d’assumer au quotidien une quantité de tâches cumulées en rapport avec le travail, la maison, la famille. Il faut tout faire, profiter de tout et de tout le monde. Il ne reste plus aucune place pour le temps perdu.

Alors, quand un vide se présente, il est ressenti comme une rupture dans le rythme. On est déstabilisées. Et si, c’était plutôt la peur d’être seule face à nous-mêmes qui nous effrayait ? Ou face à ce qui cause cet état (routine, fatigue, lassitude).

S’ennuyer, c’est bon pour le moral

Le « mode par défaut »

Nous aimerions parfois poser notre cerveau sur la table basse et le laisser travailler un peu sans nous. Vous voyez l’image ? Eh bien, c’est possible. Pas de le poser sur la table, non, c’est un peu malpoli. Mais des recherches ont été faites sur ce qui se passe dans notre tête quand on laisse nos pensées divaguer.

Michel Thiebaut de Schotten, chercheur au CNRS à l’institut des maladies neurodégénératives, explique dans un article d’octobre 2019 que le cerveau au repos est en réalité en plein travail. On l’appelle le réseau du « mode par défaut ». Certaines régions du cerveau s’activent lorsqu’on laisse s’égarer nos pensées librement. Elles régulent en particulier « le fonctionnement de la mémoire, des émotions et de l’introspection ».

En dépassant le sentiment d’inutilité et en se laissant aller à cette paresse, nous nous apercevons qu’il est possible d’en tirer des bénéfices.  Ainsi, nous découvrons que non seulement l’ennui peut s’apprivoiser, mais qu’il est aussi utile et même nécessaire à notre santé mentale.

Il faut cependant rester vigilantes sur un point : si l’ennui n’est pas induit par la dépression, il n’est pas censé nous y conduire. Le phénomène devient toxique s’il est trop fréquent et mal géré, et s’il s’installe durablement. On parle alors de « bore-out » par référence au « burn-out » son antagoniste, induit par le stress d’une activité trop intense.

Les bienfaits de l’ennui

L’ennui comme moment d’apaisement et de reconnexion

Tout gérer, tout organiser, penser à tout et être efficaces dans tous les domaines à la fois, c’est ce que l’on appelle la « charge mentale ».

Alors, quand survient un moment de flottement, c’est qu’il est temps de laisser tout ceci de côté et de renoncer à maîtriser le temps. Le cerveau peut ainsi assimiler les évènements, les analyser et les digérer. Une prise de recul sur soi nécessaire pour réappréhender ses valeurs fondamentales et se les réapproprier.

C’est en rentrant dans notre bulle que nous pouvons nous recentrer sur nous-mêmes pour mieux nous connaître et nous épanouir. Cela nous laisse le temps aussi de recharger les batteries avant de redémarrer le système.

Cela étant fait, il ne reste plus qu’à se reconnecter aux autres. Parce que nous sommes mieux dans notre peau, mais aussi parce que s’engager dans des actions altruistes, même déplaisantes, a plus de sens que ne rien faire.

L’ennui comme source de créativité

Inventer, laisser ses pensées dériver, son esprit divaguer, flâner, rêver… La pause est créative. Parce qu’en l’absence de stimuli, l’esprit les crée. 

L’ennui donne envie d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses. Il donne le temps de se poser des questions. Et les bonnes parfois ! C’est donc un état propice à l’éveil de la curiosité.

L’ennui comme moteur de la productivité

Ainsi, l’ennui permet de trouver l’inspiration. Mais il permet aussi de trouver des solutions créatives à nos problèmes et, là encore, à soulager notre « charge mentale ».

Il facilite la mise en place des éléments du quotidien qui s’enchaînent parfois trop vite dans notre mémoire. Il nous aide à faire le tri, à replanifier nos projets, à réajuster nos objectifs, et à rediriger nos compétences. Il nous rend donc plus productives.

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Avis aux quinquas pétillantes, 

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One thought on “S’ennuyer, c’est bon pour la santé

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