Quand le corps porte en lui la mémoire

Un lieu traversé, un parfum humé, un événement vécu… sont des moments qui se gravent mécaniquement sur le disque dur de notre mémoire. Si cette mémoire intellectuelle se loge dans une partie de notre cerveau, un autre pan de celui-ci abrite une mémoire inconsciente, dite corporelle. On vous en dit plus !

Un lieu traversé, un parfum humé, un événement vécu… sont des moments qui demeurent mémorables. Ils se gravent mécaniquement sur le disque dur de notre mémoire, sans que nous ayons besoin d’agir pour cela. Si cette mémoire intellectuelle se loge dans une partie de notre cerveau, un autre pan de celui-ci abrite une mémoire inconsciente, dite corporelle. Celle-ci est la manifestation d’un traumatisme vécu par l’un de nos muscles, de nos os ou de notre chair dont le cerveau nous révèle l’existence à un moment propice de notre vie.

La mémoire corporelle peut être travaillée. Cette introspection peut résoudre des problèmes les plus insoupçonnés. Elle peut même aider à soulager des douleurs physiques quelquefois incomprises par la médecine. Les travaux de Charcot et de Freud ont démontré que la verbalisation d’un conflit psychique ou physique est le passage obligé pour tenter de dénouer un problème. La mémoire du corps peut expliquer les symptômes de certaines maladies psychosomatiques, celles qui lient corps et esprit.

Qu’est ce que la mémoire corporelle ?

Indépendante de notre volonté, la mémoire du corps est celle d’un ressenti. Quelque chose que nous avons vécu certes, mais qui n’est pas présent aux premiers rangs de notre conscience spirituelle. Quelque chose qui est profondément enfoui en nous et qui peut ne jamais se révéler si on ne cherche pas à le dénicher. Le corps enregistre en lui tous les événements qu’il vit, depuis la première seconde où il est apparu, depuis le stade fœtal, pour certains. Ces innombrables données demeurent stockées en nous. Il est utile de chercher à s’en servir si nous vivons un épisode douloureux spirituel ou corporel afin de tenter de le résorber.

Des expériences révélatrices

Une souffrance vécue par le corps peut être refoulée par l’esprit. Nombreux sont les témoignages de femmes qui ont subi un viol, mais qui ont biffé cet instant de leur mémoire intellectuelle. Leur corps lui, s’en souvient toujours.

L’animatrice de télévision Flavie Flament raconte à ce sujet avoir vécu des troubles d’amnésie traumatique après avoir été sexuellement abusée dans son enfance. Une sorte d’autoprotection qui l’a fait complètement occulter la sordide scène, mais dont elle se rappelle le décor, le temps, le lieu, etc.

La Consolation
de Flavie Flament
Ed. JC Lattès.

Un autre exemple révélateur est celui de cet homme terrorisé à chaque fois qu’il devait s’allonger. Un recoupement a permis de révéler que ce patient né en 1944 à Berlin, a probablement mal vécu le fait que les sirènes d’alarme se déclenchaient fréquemment le soir au moment du coucher. La terreur non intellectuellement mémorisée s’exprimait par un mouvement de son corps.

Pourquoi travailler la mémoire corporelle ?

Si certains souvenirs sont pesants, si certains maux sont oppressants ou si certaines douleurs sont prégnantes, l’origine peut se nicher dans notre corps. La verbalisation est un bon moyen de travail pour extraire le mal afin de l’apprivoiser. Il faut réussir à la susciter via des jeux de rôle si le souvenir est très enfoui ou par un dialogue ciblé s’il est sous-jacent. Parler, communiquer, nommer les choses permet de libérer les émotions.

Myriam Brousse a développé une méthode qui consiste à se raconter à un thérapeute qui va noter les expériences douloureuses vécues. Puis, au cours de séances de relaxation guidée, ces épisodes sont évoqués permettant au patient de prendre conscience de leurs effets physiques et de les revivre émotionnellement.

Myriam Brousse donne l’exemple d’une femme souffrant d’emphysème (maladie respiratoire chronique) à tel point que la médecine préconisait une opération pulmonaire. En communiquant avec sa thérapeute, la patiente a réussi à faire le lien entre ses crises d’étouffement et le corset que sa mère portait pour dissimuler sa grossesse… Cette prise de conscience psychique a conduit à la guérison physique.

Votre corps a une mémoire
de Myriam Brousse
Ed. Marabout.

Faire perdre la mémoire à son corps

Ce processus de prise de conscience des effets de la mémoire corporelle est doublement nécessaire. D’une part, afin de se défaire des conséquences négatives que cela induit sur notre organisme, mais également pour pouvoir tourner définitivement la page de ces épisodes traumatiques.

Pierre Marty, qui est l’une des sommités françaises de la psychosomatique, explique que l’impact corporel d’un événement douloureux ou stressant sera d’autant plus fort que sa prise de conscience est faible. Celle-ci est donc indispensable pour permettre d’évacuer la charge émotionnelle emmagasinée. La mémoire corporelle est la cause de nos somatisations. Tant que le corps se souvient d’un épisode qui l’a marqué, nous ressentirons des symptômes physiques. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de travailler sur soi pour se défaire de ce carcan.

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